Hommage à Michel Serrault - S. Em. le cardinal Jean-Marie Lustiger

Michel SERRAULT, Acteur Comédien

Acteur Comédien

L'acteur Michel Serrault est décédé le 29 juillet 2007 à l'âge de 79 ans des suites d'une longue maladie, à sa résidence d'Honfleur, en Normandie.

En plus d'un demi-siècle d'une impressionnante carrière, il a joué dans quelque 135 longs métrages (sans parler des téléfilms), sous la direction de Clouzot, Chabrol, Mocky, Lautner, Audiard, Blier, Zidi ou Kassovitz.

Cinq fois nominé, il a obtenu trois Césars: en 1979 pour son plus grand succès, «La cage aux folles» (d'Edouard Molinaro), 1982 pour «Garde à vue» (de Claude Miller) et 1996 pour «Nelly et Monsieur Arnaud» (de Claude Sautet).

Cet homme au physique de monsieur-tout-le-monde et au caractère fougueux, cabotin, provocateur, franc et chaleureux répétait que le principal souci dans son métier était de ne pas ennuyer le spectateur.

Peut-être grâce à cette ambition, il a accumulé une impressionnante galerie de portraits, se glissant avec la même aisance dans la peau de personnages ambigus et dramatiques, du Dr Petiot à Zaza, l'homosexuel excentrique de «La cage aux folles», d'Harpagon à Nestor Burma.

Le public n'a longtemps attendu de lui qu'une seule chose: qu'il fasse rire. Mais, comme tous les clowns qu'il prenait d'ailleurs pour modèles, Michel Serrault était dans le fond assez triste. Il se définissait comme «l'âme de Chaplin sur un corps d'apothicaire».

Né le 24 janvier 1928 à Brunoy (aujourd'hui Essonne, ex Seine-et-Oise) dans une famille modeste et chrétienne, il entre à 14 ans au petit séminaire. Il choisit finalement le monde du spectacle.

Au théâtre, on le remarque notamment dans «L'Avare» (1986, dirigé par Roger Planchon) et dans «Knock» (1992, mise en scène de Pierre Mondy). «Si on n'a pas d'intention intérieure, les mots ne veulent rien dire. Je voudrais être un passeur, un messager. Je suis contre les acteurs qui se disent + humbles serviteurs de l'auteur +», disait-il de son métier.

Avec sa femme Juanita, épousée en 1958, ils ont eu deux filles, l'aînée se tuant en 1977 dans un accident de voiture. N'ayant jamais cessé d'être croyant, il restait fort pudique sur sa vie privée. Il passait beaucoup de temps dans sa propriété du Perche et sa maison de Neuilly-sur-Seine où on pouvait encore récemment le voir, en soirée, promener paisiblement son chien.

S. Em. le cardinal Jean-Marie LUSTIGER

Né à Paris, le 17 septembre 1926. Études secondaires au lycée Montaigne à Paris, et au lycée Pothier à Orléans. Études supérieures de lettres à la Sorbonne.

Séminaire des Carmes de l'Institut catholique de Paris. Ordonné prêtre le 17 avril 1954. Jusqu'en 1959, aumônier parisien de la Paroisse universitaire (enseignants catholiques de l'enseignement public), aumônier des étudiants en lettres et sciences de la Sorbonne , ainsi que de Grandes Écoles (E.N.S. de Saint-Cloud, Fontenay, École des Chartes, École spéciale d'Architecture).

Directeur du Centre Richelieu en 1959 (qui deviendra le C.E.P.). Responsable des aumôneries des nouvelles universités de la région parisienne.

En 1969, il est nommé curé de la paroisse Sainte-Jeanne -de-Chantal, à Paris.

Évêque d'Orléans, le 8 décembre 1979.

Le 27 février 1981, il succède au cardinal François Marty comme archevêque de Paris.

Ordinaire des catholiques de rite oriental en France.

Créé cardinal par le pape Jean-Paul II, le 2 février 1983, au titre des Saints-Marcellin et Pierre, puis de Saint-Louis-des-Français, en 1995.

Élu à l'Académie française, le 15 juin 1995, au fauteuil du cardinal Albert Decourtray (4e fauteuil).

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